Programme des événements dans nos locaux

  • mardi
    14
    novembre
    2017

    Conférence débat Les défis du développement de l'intelligence artificielle sur les finances publiques

    18:30dans nos locaux, entrée libre

    Conférence  débats :

    . Vers une taxation des robots ?
    Xavier Oberson, Prof. à l'UNIGE (droit). Avocat, Docteur en droit

    L’objectif de la conférence est de développer l’idée d’une imposition des robots ou de leur usage. Ce concept d’une nouvelle forme de capacité fiscale est issu d’une double perspective. D’une part, les robots pourraient à long terme remplacer de très nombreuses activités humaines et avoir ainsi un impact majeur sur l’emploi. D’autre part, ces pertes d’emplois pourraient provoquer d’importants manques à gagner en matière fis¬cale et de sécurité sociale. Le conférencier entend ainsi examiner les possibilités de mettre en place une imposition des robots, ce qui suppose tout d’abord qu’une définition pratique des robots soit possible, que l’introduc¬tion d’une nouvelle personnalité fiscale soit justifiée juridiquement et économiquement et qu’un système adéquat d’imposition soit mis en place.

    Le Professeur Oberson arrive à la conclusion que les travaux actuels dans le cadre de définition de robots intelligents pourraient être utilisés dans ce contexte. Il examine ensuite la question délicate de la définition d’une capacité juridique et notamment fiscale des robots.

    . Une idée sympathique, mais rétrograde
    Marian Stepczynski, chroniqueur économique

    L’idée en soi n’est pas dépourvue de sens (elle n’est d’ailleurs pas nouvelle : au XIXe siècle déjà, on envisageait de taxer les métiers à tisser), mais elle tape à côté de la cible. Il est très peu vraisemblable que l’emploi global diminue, mais fortement probable au contraire qu’il augmente, comme il l’a fait à chaque révolution technologique.

    ...
    Reste que les travailleurs ne sont pas égaux devant le progrès technique, et que les inégalités se creusent entre les plus qualifiés – ou les plus fortunés – qui tirent leur épingle du jeu et la cohorte grossissante des laissés pour compte. Il y a donc un besoin urgent de revoir les mécanismes de redistribution de la valeur ajoutée.
    ...
    Les gains de productivité ont eu ces dernières décennies plutôt tendance à diminuer, alors même que l’automatisation des tâches et l’intelligence artificielle en général se répandaient jusque dans les objets de la vie courante. Le progrès technique semble donc, paradoxalement, avoir ralenti la cadence plutôt qu’accéléré le pas.
    ...
    La part de la rétribution du travail dans le revenu global a certes tendu à diminuer régulièrement, mais celle du facteur de production capital en tant que tel a chuté encore davantage, comme l’indique le niveau extrêmement bas des taux d’intérêt. Ce qui a augmenté, ce sont les marges bénéficiaires, et singulièrement celles que s’arrogent les « sociétés superstars ». S’il s’impose d’agir, c’est par conséquent au niveau de ces sociétés géantes, qu’il faut amener à restituer à la collectivité une part plus grande de leurs profits.
    (Extraits de la chronique « Taxer les robots ? Quelle drôle d’idée ! » parue dans la Tribune de Genève du 28 février 2017)