Né le 12 mai 1794 à Genève où il décède le 6 novembre 1878, James Fazy fonde notamment en 1825 Le Journal de Genève et en 1846 le Parti radical genevois dont la genèse remonte à 1835 déjà. entre 1847 et 1860, il est plusieurs fois Président du Conseil d’Etat de la République et Canton de Genève.

Il est également député à la Diète Fédérale en 1848. Conseiller aux Etats à plusieurs reprises entre 1848 et 1872, Conseiller national de 1857 à 1866, professeur ordinaire à l’Université de Genève en 1873.

Homme d’Etat remarquable et très controversé, ce tribun aux idées particulièrement avant-gardistes prônait en substance que c’est « …par la liberté que le bonheur de l’espèce humaine arrive au plus haut degré. » A Genève, on lui doit la démolition des fortifications, la construction de l’Hôpital cantonal, de l’Asile des vieillards, la création des lignes de chemin de fer vers Lyon, Lausanne, Saint-Maurice, la fondation de la Banque de Genève et de l’Institut national genevois. Le Dictionnaire historique et biographique de la Suisse dit de lui qu’il « peut-être considéré comme le créateur de la Genève moderne. »

Liberté individuelle, liberté politique, liberté de commerce, voilà l’essentiel des idées d’un homme qui voyait dans ce qu’il appelait les « Concentrations capitalistes » qui font travailler les ouvriers à bas prix, des pouvoirs dangereux pour les collectivités politiques. Un homme qui s’opposait à toute législation fédérale sur les banques, à toute création d’une banque centrale « unitaire » comme il l’appelait et qui écrivait à la fin de sa vie : « … Le désarmement général est devenu l’aspiration de tous les peuples… Ce doit être la tendance universelle, c’est le salut du genre humain. »

(d’après François Ruchon, Portrait de James Fazy, dans le Livre du Centenaire de l’ING, Genève 1953, et le DHBS, Dictionnaire historique et biographique de la Suisse).